Portfolio dans le Esse Automne 2017
Portfolio dans le Esse Automne 2017

91

Automne

2017

Dans la foulée du numéro précédent, qui portait sur les féminismes, ce dossier poursuit la réflexion sur la question des genres et des sexualités en s’attardant aux pratiques et aux théories qui cherchent à transcender la pensée binaire de la société patriarcale hétéronormative et cisnormative. On y explore notamment les stratégies déployées par les artistes afin de rendre visible les communautés LGBT+ et de faire entendre la multiplicité des voix en marge du régime patriarcal de production des savoirs.

 

Version numérique disponible

revue HB- Erotica
revue HB- Erotica

HB 4 - EROTICA

Le quatrième numéro de la revue rassemble des dessins de Patrick Bernatchez, Catherine Bolduc, Shauna Born, Shary Boyle, Michael DeForge, Annie Descôteaux, Virginie Jourdain, Véronique Lévesque-Pelletier, Paul P., Ed Pien, Annie Pootoogook, Kananginak Pootoogook et Jean Luc Verna.

HB se veut une revue, une plateforme, une galerie en papier, enfin, un espace dynamique voué à la présentation du dessin actuel. Elle vise à diffuser le travail d’artistes incontournables qui ont marqué le paysage de l’art et continuent de le façonner ; de jeunes artistes dont les pratiques bouleversent et promettent ; de ceux et celles qui font du dessin en cachette ; d’artistes qui sont peu diffusés par pure malchance ; ainsi que des artistes marginalisés. Suite de séquences visuelles, HB se structure au détour de chaque page. Il s’agit d’un espace d’échanges qui s’appuie sur la force des images et délaisse le verbe à dessein.

2015, 63 pages

Artiste(s)

 

Collectif

Éditeur

 

Éditions HB

ISBN

 

2291-1340

ISSN

 

#REF!

Langue

 

Français et anglais

Sous la direction de

 

Jonathan Demers & Julie Tremble

Code produit

 

[107096]

Etiquettes : eroticadessin

Entre don, résilience et épuisement : jusqu’où et comment travailler? 14 Caroline Blais,  Virginie Jourdain,  et Mercedes Pacho
Entre don, résilience et épuisement : jusqu’où et comment travailler? 14 Caroline Blais, Virginie Jourdain, et Mercedes Pacho
De la part des vaincus
De la part des vaincus

le catalogue en PDF ici 

Dorothée Smith : Quand le corps s’efface – Virginie Jourdain
Dorothée Smith : Quand le corps s’efface – Virginie Jourdain
Inter art actuel (Numéro 112, Automne, 2012, p. 16–19 SEXES à bras-le-corps)
Inter art actuel (Numéro 112, Automne, 2012, p. 16–19 SEXES à bras-le-corps)
Pensées Parisiennes Le média net et précis
Pensées Parisiennes Le média net et précis

[INTERVIEW x VIRGINIE JOURDAIN] « Ressources humaines » au FRAC Lorraine : « J’ai pensé cette exposition pour les losers oubliés »

 août 10, 2017  dr_fatoumatine

Du 23 juin au 5 novembre 2017, le Fonds Régional d’Art Contemporain de Lorraine, situé à Metz, accueille l’exposition « Ressources humaines », une réflexion militante autour de la valeur du travail, en partenariat avec le FRAC Alsace et Champagne. Entretien avec Virginie Jourdain, artiste et commissaire d’exposition.

 

Pensées parisiennes : En quoi consiste « Ressources Humaines » ?

Virginie Jourdain : C’est une exposition collective qui aborde la thématique du travail avec une perspective féministe : elle utilise la grille d’analyse féministe pour décrypter et envisager les dynamiques de pouvoir, les rapports de force, les discriminations systémiques associés au monde du travail, et au monde du travail de l’art.

 

© Mierle Laderman Ukeles

PP : Pourquoi est-ce important d’approcher cette thématique avec une perspective féministe ?

VJ  : C’est une approche que je développe ici, mais c’est un de mes outils de prédilection dans ma démarche artistique. Cela développe des modes de travail collaboratif, et en tant que personne identifiée comme femme artiste, je travaille dans un milieu où les questions de visibilité des artistes femmes et des rapports de pouvoir se posent encore. Dans la galerie dans laquelle je travaille, on essaie de pratiquer la non-hiérarchie, et c’est ce que j’essaie également de mettre en place quand je suis en collaboration avec d’autres artistes et structures. Cette perspective permet évidemment d’ouvrir à la question des inégalités salariales, du racisme, du genre et sur les types de systèmes qui font que l’on valorise ou que l’on dévalorise certains types de professions. On dialogue aussi avec la réalité des artistes : quels sont ceux que l’on valorise, ceux que l’on dénigre…

PP : Tu parlais de réhabiliter les travail des invisibles, mais en quoi l’artiste peut contribuer à cela ?

VJ  : L’artiste peut aider parce que son statut est assez particulier : il y a des mythes autour de cette profession, comme par exemple celui de l’artiste dans son atelier qui parvient à vivre de sa pratique parce qu’il vend à des collectionneurs. C’est comme une petite histoire romantique qu’on se raconte encore mais qui n’est pas la réalité pour de nombreux artistes. C’est très compliqué de maintenir une carrière, particulièrement pour les femmes artistes qui doivent cumuler les doubles journées entre la réalité de la vie familiale, avoir un travail alimentaire… On peut aussi le remarquer dans la répartition des tâches et des rôles dans le travail de l’art. Beaucoup de stagiaires et d’assistantes sont des femmes : tout ce travail invisible n’est que très peu reconnu, on ne donne pas ou très peu la parole aux administratrices des centres d’art. Je suis commissaire d’exposition, je ne suis qu’un maillon de la chaîne : sans l’équipe technique et administrative, il n’y aurait pas d’exposition. Avec l’équipe du FRAC, on a maintenu un dialogue tout au long de la conception de « Ressources humaines » afin d’entendre les avis et points de vues de ceux qui y travaillent et ceux qui travaillent dans d’autres structures, qui ont un rôle fondamental dans la création de la culture. Economiquement, on ne pourrait pas se passer de la culture, sauf que l’on ne reconnaît pas la contribution des personnes qui la créent.

 

© Olga Kisseleva

De même que pour les artistes, il y a des mythes qui gravitent autour des travailleurs culturels, avec l’obligation de cette dévotion et la culture des heures supplémentaires, par exemple : travailler tard le soir, à n’importe quelle heure, être disponible… Parce que l’on fait un travail de passion, on devrait être dévoué corps et âme à ce que l’on fait. Mais pour moi, ce n’est pas féministe. Parce que tout le monde ne peut pas faire d’heures supplémentaires. Les réalités de vie de certaines personnes, comme les femmes monoparentales par exemple, font que tu dois partir du travail à 17h. C’est à tous ces oublié.e.s que j’ai pensé lors de la conception de l’exposition, mais également à tou.te.s celles et ceux qui ne peuvent ou simplement ne veulent pas travailler.

PP : Qu’est-ce qui a dirigé ton choix d’artistes ?

VJ : C’était important pour moi que je puisse comprendre leur perspective, pour arriver à être le plus juste possible dans ce que je peux apporter comme point de vue. Je trouvais également intéressant d’intégrer des contributions de militant.e.s, parce que ma nourriture intellectuelle s’est faite à travers l’enseignement universitaire, mais aussi l’activisme et le militantisme. Je voulais rendre hommage à ces personnes qui fournissent un travail bénévole et absolument crucial pour comprendre la société dans laquelle nous vivons.

PP : Quels ateliers sont mis en place en même temps que l’exposition ?

VJ  : On a essayé de privilégier les pratiques collectives et les espaces de prise de parole et de don de parole à ceux qu’on n’entend peu ou pas, en particulier sur la question du rapport au travail et les incidences que ça a directement sur le corps. Il y a aussi une emphase sur les mouvements sociaux des femmes qui font du travail d’entretien et qui permettent aux structures d’être simplement fréquentables. Par leurs grèves, elles ont révélé le rôle indispensable dans les structures dans lesquelles elles travaillent, parce que si le lieu est propre, il est impossible de recevoir des visiteurs. Il y aura différents événements pour écouter ces femmes-là, connaître leur stratégie, quelles sont leurs revendications…

PP : Est-ce que tu peux me parler de La Centrale ?

VJ : Je travaille dans un centre d’artistes féministe non-hiérarchique qui a 41 ans maintenant. C’est un des premiers centres d’artistes autogérés au Canada. La programmation et l’organisation en interne se fait par et pour les artistes, ce qui permet de mettre de côté des pratiques autoritaires pour développer des modes d’organisation plus sains, plus inclusifs. C’est un travail sans fin, parce qu’il faut tout remettre en cause, et remettre en cause ses privilèges. Par exemple, j’ai eu la chance de faire des études, je suis blanche, j’ai de quoi me nourrir et me loger : ce sont des privilèges qu’il faut reconnaître, conscientiser, et éventuellement laisser aller. Comme tout travail militant, ça demande beaucoup d’efforts.

aparté
aparté

Le second numéro, « ACTES SEXUÉS : Postures subversives du genre » (2013) sous la direction de Philippe Dumaine a abordé la question du genre par le biais des études féministes et du milieu queer. Plus largement, cela a été l’occasion de questionner le corps sur les scènes et dans les pratiques performatives. Enfin, notre dernier numéro, « DOUTES ET INVENTIVITÉ : Récits de recherche-création pour une recherche indéterminée » (2014)sous la direction de Jean-Paul Quéinnec (UQAC) nous a permis d’aborder de front la question de la recherche en arts vivants. Avec ce dernier numéro nous avons adopté une approche résolument interuniversitaire (avec la participation de la Chaire de recherche en dramaturgie sonore au théâtre) tout en poursuivant notre collaboration avec le milieu culturel. La collaboration de chercheurs chevronnés aux côtés d’étudiants, d’acteurs et d’artistes importants du champ culturel, aux côtés d’artistes émergents, nous a permis au moins en cet espace de voir se réaliser cette utopie d’un échange inclusif et réflexif. Les échanges publics (dans le cadre du Offta et à l’UQAC) ont témoigné de la richesse de notre milieu, mais aussi de la grande fragilité de la recherche artistique au Québec en arts vivants.

 

Avec la complicité de Roxanne Robillard à la codirection de ce numéro, je peux dire que nous sommes très fières de clore notre parcours au sein d’aparté avec un numéro représentatif des ambitions premières de la revue. On le sait, il est difficile aujourd’hui de rêver à des projets ambitieux dans le milieu culturel, tout autant qu'il est difficile de les maintenir vivant sur le long terme, on en vient à accepter la précarité comme étant un paramètre inéluctable à tout projet culturel, qu’il soit éditorial ou scénique. Avec aparté nous avons réussi à trouver nos propres moyens pour faire grandir le projet et nous quittons le projet en ayant le sentiment d'être allés jusqu'au bout de notre expérience. C'est pourquoi, aujourd’hui, nous passons ce projet à une nouvelle cohorte dynamique qui saura s’approprier cet espace et donner forme à leurs ambitions. Je souhaite une belle continuité à aparté et salue le travail éditorial mené avec la générosité de mes collègues Milena Buziak, Philippe Dumaine et Roxanne Robillard. Je salue aussi l’implication sur le plan organisationnel et financier d’Audrey-Anne Cyr. Tout autant que le travail graphique réalisé par Edgar Nemere (no.1) et Julien Hébert (no.2 et no.3), qui ont donné forme à la revue en développant une signature graphique dont je suis très fière. Enfin, je salue la confiance et l’audace des collaborateurs issus du milieu culturel et du champ universitaire qui nous ont suivis à travers notre aventure.

 

revue de presse Exposition Ressources Humaines, 2017 Frac Lorraine
revue de presse Exposition Ressources Humaines, 2017 Frac Lorraine

EXPOSITION RESSOURCES HUMAINES» 2017, Frac Lorraine

 

NATIONAL

RADIO FRANCE CULTURE / EMISSION LES CARNETS DE LA CREATION - Aude Lavigne WWW.FRANCECULTURE.FR (22 JUIN 2017)

MAGAZINES BEAUX ARTS MAGAZINE SUPPLEMENT (JUIL17)

L'OEIL (ETE 17)

L’ELEPHANT (24 aout 2017) -

JeanChristophe Blondel MOUVEMENT (N 90 / été 2017) -

Horoscope MOUVEMENT (N 90 / été 2017) -

brèves INTERNET WWW.MOUVEMENT.NET (5 JUILLET 2017)

- Les expos juillet-aout 2017 WWW.LESINROCKS.COM (18 JUILLET 2017) / les meilleures expos en France cet été: 20 villes pour ne rien rater

WWW.PARIS-ART.COM (23 JUIN 2017) WWW.CULTURE.FR (9 AOUT 2017)

WWW.ART-CULTURE-FRANCE.COM (26 MAI)

WWW.LESPENSEESPARISIENNES (10 AOUT 2017) - Syham Khelifi

PRESSE SPECIALISEE ENTREPRISE & CARRIERES (06/12 JUIN 17)

GESTION SOCIALE LA LETTRE SOCIALE RESERVEE AUX DIRIGEANTS (15 JUIN 17)

WWW.JET-SOCIETY.COM (19 JUILLET 2017) DEPECHE AEF - agence de presse specialisee / education, formation, emploi et relations sociales (22 AOUT)

- Pascaline Marion WWW.FORCE-OUVRIERE.FR (17 JUIN) ARTICLES

EN ATTENTE L’HUMANITE DIMANCHE - Michael Melinart ZERO DEUX - Vanessa Morisset

 

 REVUE DE PRESSE / SELECTION REGION

 

QUOTIDIENS LE REPUBLICAIN LORRAIN (23 JUIN 17)

- Gael Calvez L’EST REPUBLICAIN (23 MAI)

L'ALSACE (06 JUIL 17)

HEBDOMADAIRES LE JEUDI (29 JUIN)

- Marie-Anne Lorge LA SEMAINE METZ THIONVILLE MOSELLE (22 JUIN 17) RADIO RADIO JERICO -

Jean-Louis Baudoux RADIO BLEUE LORRAINE -

Antoine Barège TV FRANCE 3, EMISSION 19/20 - JT LOCAL (23 JUIN) -

Matthieu Mercier WEB CHAINE DU YOUTUBER MESSIN NOELSND https://www.youtube.com/user/jesussex symbolful

PEINE PERDUE, publication de dessins édité par B&D Press
PEINE PERDUE, publication de dessins édité par B&D Press

We are really pleased to announce the release of a new zine published by B&D Press: “Peine Perdue” by Virginie Jourdain, featuring gorgeously erotic and evocative watercolour drawings inspired by tarot card readings over the span of a year. The zine release coincides with Virginie’s exhibition at Galerie Infinie in Tours, France (vernissage March 21, 2018) and includes texts by Ariane Temkine, Clélia Barbut and Shandi Bouscatier. Zine design: Eloisa Aquino.

“Each reading gave rise to a series of drawings which reflect not the actual meaning of the cards, rather, the different emotions, positive and negative, associated with the exchange between Ariane, the cards and myself. The readings were concurrent to significant changes in my life during that period of time. Peine perdue is a reclamation of this experience in drawing, which, beyond a ritual or an artistic performance, was a major process of healing and "caring" which nourished me in heaps and which allowed me to explore sensitive areas when I came to the acceptance of letting myself go.” - Virginie Jourdain

Portfolio dans le Esse Automne 2017
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Entre don, résilience et épuisement : jusqu’où et comment travailler? 14 Caroline Blais,  Virginie Jourdain,  et Mercedes Pacho
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Esse
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aparté
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PEINE PERDUE, publication de dessins édité par B&D Press
Portfolio dans le Esse Automne 2017

91

Automne

2017

Dans la foulée du numéro précédent, qui portait sur les féminismes, ce dossier poursuit la réflexion sur la question des genres et des sexualités en s’attardant aux pratiques et aux théories qui cherchent à transcender la pensée binaire de la société patriarcale hétéronormative et cisnormative. On y explore notamment les stratégies déployées par les artistes afin de rendre visible les communautés LGBT+ et de faire entendre la multiplicité des voix en marge du régime patriarcal de production des savoirs.

 

Version numérique disponible

revue HB- Erotica

HB 4 - EROTICA

Le quatrième numéro de la revue rassemble des dessins de Patrick Bernatchez, Catherine Bolduc, Shauna Born, Shary Boyle, Michael DeForge, Annie Descôteaux, Virginie Jourdain, Véronique Lévesque-Pelletier, Paul P., Ed Pien, Annie Pootoogook, Kananginak Pootoogook et Jean Luc Verna.

HB se veut une revue, une plateforme, une galerie en papier, enfin, un espace dynamique voué à la présentation du dessin actuel. Elle vise à diffuser le travail d’artistes incontournables qui ont marqué le paysage de l’art et continuent de le façonner ; de jeunes artistes dont les pratiques bouleversent et promettent ; de ceux et celles qui font du dessin en cachette ; d’artistes qui sont peu diffusés par pure malchance ; ainsi que des artistes marginalisés. Suite de séquences visuelles, HB se structure au détour de chaque page. Il s’agit d’un espace d’échanges qui s’appuie sur la force des images et délaisse le verbe à dessein.

2015, 63 pages

Artiste(s)

 

Collectif

Éditeur

 

Éditions HB

ISBN

 

2291-1340

ISSN

 

#REF!

Langue

 

Français et anglais

Sous la direction de

 

Jonathan Demers & Julie Tremble

Code produit

 

[107096]

Etiquettes : eroticadessin

Entre don, résilience et épuisement : jusqu’où et comment travailler? 14 Caroline Blais, Virginie Jourdain, et Mercedes Pacho
De la part des vaincus

le catalogue en PDF ici 

Dorothée Smith : Quand le corps s’efface – Virginie Jourdain
Inter art actuel (Numéro 112, Automne, 2012, p. 16–19 SEXES à bras-le-corps)
Pensées Parisiennes Le média net et précis

[INTERVIEW x VIRGINIE JOURDAIN] « Ressources humaines » au FRAC Lorraine : « J’ai pensé cette exposition pour les losers oubliés »

 août 10, 2017  dr_fatoumatine

Du 23 juin au 5 novembre 2017, le Fonds Régional d’Art Contemporain de Lorraine, situé à Metz, accueille l’exposition « Ressources humaines », une réflexion militante autour de la valeur du travail, en partenariat avec le FRAC Alsace et Champagne. Entretien avec Virginie Jourdain, artiste et commissaire d’exposition.

 

Pensées parisiennes : En quoi consiste « Ressources Humaines » ?

Virginie Jourdain : C’est une exposition collective qui aborde la thématique du travail avec une perspective féministe : elle utilise la grille d’analyse féministe pour décrypter et envisager les dynamiques de pouvoir, les rapports de force, les discriminations systémiques associés au monde du travail, et au monde du travail de l’art.

 

© Mierle Laderman Ukeles

PP : Pourquoi est-ce important d’approcher cette thématique avec une perspective féministe ?

VJ  : C’est une approche que je développe ici, mais c’est un de mes outils de prédilection dans ma démarche artistique. Cela développe des modes de travail collaboratif, et en tant que personne identifiée comme femme artiste, je travaille dans un milieu où les questions de visibilité des artistes femmes et des rapports de pouvoir se posent encore. Dans la galerie dans laquelle je travaille, on essaie de pratiquer la non-hiérarchie, et c’est ce que j’essaie également de mettre en place quand je suis en collaboration avec d’autres artistes et structures. Cette perspective permet évidemment d’ouvrir à la question des inégalités salariales, du racisme, du genre et sur les types de systèmes qui font que l’on valorise ou que l’on dévalorise certains types de professions. On dialogue aussi avec la réalité des artistes : quels sont ceux que l’on valorise, ceux que l’on dénigre…

PP : Tu parlais de réhabiliter les travail des invisibles, mais en quoi l’artiste peut contribuer à cela ?

VJ  : L’artiste peut aider parce que son statut est assez particulier : il y a des mythes autour de cette profession, comme par exemple celui de l’artiste dans son atelier qui parvient à vivre de sa pratique parce qu’il vend à des collectionneurs. C’est comme une petite histoire romantique qu’on se raconte encore mais qui n’est pas la réalité pour de nombreux artistes. C’est très compliqué de maintenir une carrière, particulièrement pour les femmes artistes qui doivent cumuler les doubles journées entre la réalité de la vie familiale, avoir un travail alimentaire… On peut aussi le remarquer dans la répartition des tâches et des rôles dans le travail de l’art. Beaucoup de stagiaires et d’assistantes sont des femmes : tout ce travail invisible n’est que très peu reconnu, on ne donne pas ou très peu la parole aux administratrices des centres d’art. Je suis commissaire d’exposition, je ne suis qu’un maillon de la chaîne : sans l’équipe technique et administrative, il n’y aurait pas d’exposition. Avec l’équipe du FRAC, on a maintenu un dialogue tout au long de la conception de « Ressources humaines » afin d’entendre les avis et points de vues de ceux qui y travaillent et ceux qui travaillent dans d’autres structures, qui ont un rôle fondamental dans la création de la culture. Economiquement, on ne pourrait pas se passer de la culture, sauf que l’on ne reconnaît pas la contribution des personnes qui la créent.

 

© Olga Kisseleva

De même que pour les artistes, il y a des mythes qui gravitent autour des travailleurs culturels, avec l’obligation de cette dévotion et la culture des heures supplémentaires, par exemple : travailler tard le soir, à n’importe quelle heure, être disponible… Parce que l’on fait un travail de passion, on devrait être dévoué corps et âme à ce que l’on fait. Mais pour moi, ce n’est pas féministe. Parce que tout le monde ne peut pas faire d’heures supplémentaires. Les réalités de vie de certaines personnes, comme les femmes monoparentales par exemple, font que tu dois partir du travail à 17h. C’est à tous ces oublié.e.s que j’ai pensé lors de la conception de l’exposition, mais également à tou.te.s celles et ceux qui ne peuvent ou simplement ne veulent pas travailler.

PP : Qu’est-ce qui a dirigé ton choix d’artistes ?

VJ : C’était important pour moi que je puisse comprendre leur perspective, pour arriver à être le plus juste possible dans ce que je peux apporter comme point de vue. Je trouvais également intéressant d’intégrer des contributions de militant.e.s, parce que ma nourriture intellectuelle s’est faite à travers l’enseignement universitaire, mais aussi l’activisme et le militantisme. Je voulais rendre hommage à ces personnes qui fournissent un travail bénévole et absolument crucial pour comprendre la société dans laquelle nous vivons.

PP : Quels ateliers sont mis en place en même temps que l’exposition ?

VJ  : On a essayé de privilégier les pratiques collectives et les espaces de prise de parole et de don de parole à ceux qu’on n’entend peu ou pas, en particulier sur la question du rapport au travail et les incidences que ça a directement sur le corps. Il y a aussi une emphase sur les mouvements sociaux des femmes qui font du travail d’entretien et qui permettent aux structures d’être simplement fréquentables. Par leurs grèves, elles ont révélé le rôle indispensable dans les structures dans lesquelles elles travaillent, parce que si le lieu est propre, il est impossible de recevoir des visiteurs. Il y aura différents événements pour écouter ces femmes-là, connaître leur stratégie, quelles sont leurs revendications…

PP : Est-ce que tu peux me parler de La Centrale ?

VJ : Je travaille dans un centre d’artistes féministe non-hiérarchique qui a 41 ans maintenant. C’est un des premiers centres d’artistes autogérés au Canada. La programmation et l’organisation en interne se fait par et pour les artistes, ce qui permet de mettre de côté des pratiques autoritaires pour développer des modes d’organisation plus sains, plus inclusifs. C’est un travail sans fin, parce qu’il faut tout remettre en cause, et remettre en cause ses privilèges. Par exemple, j’ai eu la chance de faire des études, je suis blanche, j’ai de quoi me nourrir et me loger : ce sont des privilèges qu’il faut reconnaître, conscientiser, et éventuellement laisser aller. Comme tout travail militant, ça demande beaucoup d’efforts.

aparté

Le second numéro, « ACTES SEXUÉS : Postures subversives du genre » (2013) sous la direction de Philippe Dumaine a abordé la question du genre par le biais des études féministes et du milieu queer. Plus largement, cela a été l’occasion de questionner le corps sur les scènes et dans les pratiques performatives. Enfin, notre dernier numéro, « DOUTES ET INVENTIVITÉ : Récits de recherche-création pour une recherche indéterminée » (2014)sous la direction de Jean-Paul Quéinnec (UQAC) nous a permis d’aborder de front la question de la recherche en arts vivants. Avec ce dernier numéro nous avons adopté une approche résolument interuniversitaire (avec la participation de la Chaire de recherche en dramaturgie sonore au théâtre) tout en poursuivant notre collaboration avec le milieu culturel. La collaboration de chercheurs chevronnés aux côtés d’étudiants, d’acteurs et d’artistes importants du champ culturel, aux côtés d’artistes émergents, nous a permis au moins en cet espace de voir se réaliser cette utopie d’un échange inclusif et réflexif. Les échanges publics (dans le cadre du Offta et à l’UQAC) ont témoigné de la richesse de notre milieu, mais aussi de la grande fragilité de la recherche artistique au Québec en arts vivants.

 

Avec la complicité de Roxanne Robillard à la codirection de ce numéro, je peux dire que nous sommes très fières de clore notre parcours au sein d’aparté avec un numéro représentatif des ambitions premières de la revue. On le sait, il est difficile aujourd’hui de rêver à des projets ambitieux dans le milieu culturel, tout autant qu'il est difficile de les maintenir vivant sur le long terme, on en vient à accepter la précarité comme étant un paramètre inéluctable à tout projet culturel, qu’il soit éditorial ou scénique. Avec aparté nous avons réussi à trouver nos propres moyens pour faire grandir le projet et nous quittons le projet en ayant le sentiment d'être allés jusqu'au bout de notre expérience. C'est pourquoi, aujourd’hui, nous passons ce projet à une nouvelle cohorte dynamique qui saura s’approprier cet espace et donner forme à leurs ambitions. Je souhaite une belle continuité à aparté et salue le travail éditorial mené avec la générosité de mes collègues Milena Buziak, Philippe Dumaine et Roxanne Robillard. Je salue aussi l’implication sur le plan organisationnel et financier d’Audrey-Anne Cyr. Tout autant que le travail graphique réalisé par Edgar Nemere (no.1) et Julien Hébert (no.2 et no.3), qui ont donné forme à la revue en développant une signature graphique dont je suis très fière. Enfin, je salue la confiance et l’audace des collaborateurs issus du milieu culturel et du champ universitaire qui nous ont suivis à travers notre aventure.

 

revue de presse Exposition Ressources Humaines, 2017 Frac Lorraine

EXPOSITION RESSOURCES HUMAINES» 2017, Frac Lorraine

 

NATIONAL

RADIO FRANCE CULTURE / EMISSION LES CARNETS DE LA CREATION - Aude Lavigne WWW.FRANCECULTURE.FR (22 JUIN 2017)

MAGAZINES BEAUX ARTS MAGAZINE SUPPLEMENT (JUIL17)

L'OEIL (ETE 17)

L’ELEPHANT (24 aout 2017) -

JeanChristophe Blondel MOUVEMENT (N 90 / été 2017) -

Horoscope MOUVEMENT (N 90 / été 2017) -

brèves INTERNET WWW.MOUVEMENT.NET (5 JUILLET 2017)

- Les expos juillet-aout 2017 WWW.LESINROCKS.COM (18 JUILLET 2017) / les meilleures expos en France cet été: 20 villes pour ne rien rater

WWW.PARIS-ART.COM (23 JUIN 2017) WWW.CULTURE.FR (9 AOUT 2017)

WWW.ART-CULTURE-FRANCE.COM (26 MAI)

WWW.LESPENSEESPARISIENNES (10 AOUT 2017) - Syham Khelifi

PRESSE SPECIALISEE ENTREPRISE & CARRIERES (06/12 JUIN 17)

GESTION SOCIALE LA LETTRE SOCIALE RESERVEE AUX DIRIGEANTS (15 JUIN 17)

WWW.JET-SOCIETY.COM (19 JUILLET 2017) DEPECHE AEF - agence de presse specialisee / education, formation, emploi et relations sociales (22 AOUT)

- Pascaline Marion WWW.FORCE-OUVRIERE.FR (17 JUIN) ARTICLES

EN ATTENTE L’HUMANITE DIMANCHE - Michael Melinart ZERO DEUX - Vanessa Morisset

 

 REVUE DE PRESSE / SELECTION REGION

 

QUOTIDIENS LE REPUBLICAIN LORRAIN (23 JUIN 17)

- Gael Calvez L’EST REPUBLICAIN (23 MAI)

L'ALSACE (06 JUIL 17)

HEBDOMADAIRES LE JEUDI (29 JUIN)

- Marie-Anne Lorge LA SEMAINE METZ THIONVILLE MOSELLE (22 JUIN 17) RADIO RADIO JERICO -

Jean-Louis Baudoux RADIO BLEUE LORRAINE -

Antoine Barège TV FRANCE 3, EMISSION 19/20 - JT LOCAL (23 JUIN) -

Matthieu Mercier WEB CHAINE DU YOUTUBER MESSIN NOELSND https://www.youtube.com/user/jesussex symbolful

PEINE PERDUE, publication de dessins édité par B&D Press

We are really pleased to announce the release of a new zine published by B&D Press: “Peine Perdue” by Virginie Jourdain, featuring gorgeously erotic and evocative watercolour drawings inspired by tarot card readings over the span of a year. The zine release coincides with Virginie’s exhibition at Galerie Infinie in Tours, France (vernissage March 21, 2018) and includes texts by Ariane Temkine, Clélia Barbut and Shandi Bouscatier. Zine design: Eloisa Aquino.

“Each reading gave rise to a series of drawings which reflect not the actual meaning of the cards, rather, the different emotions, positive and negative, associated with the exchange between Ariane, the cards and myself. The readings were concurrent to significant changes in my life during that period of time. Peine perdue is a reclamation of this experience in drawing, which, beyond a ritual or an artistic performance, was a major process of healing and "caring" which nourished me in heaps and which allowed me to explore sensitive areas when I came to the acceptance of letting myself go.” - Virginie Jourdain

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